samedi 31 mars 2012

La Machette: La vie et la mort


Une machette est une sorte de long couteau à lame épaisse longue de plus ou moins 40 cm montée sur un manche court. On peut aussi la définir comme un sabre à bout rond donc n'étant qu'un outil ou une arme de taille. -- Définition Wikipédia

Pour absolument toutes les familles de Salacuim au Guatemala, et toute les familles vivant dans les régions rurales des pays tropicaux, la machette est carrément un outil de survie.  Dans ces lieux paradisiaque où la végétation croît à un rythme effarant et où les fruits et les animaux abondent, la machette est tellement indispensable que les gens ne pourraient pas vivre sans elle.

En effet, la machette sert à:
  • Ouvrir les sentiers dans les forêts tropicales,
  • Nettoyer le sous-bois et la végétation inutile dans les champs de culture,
  • Perforer le sol afin de semer les graines,
  • Couper les arbres, les branches et le bois de cuisson,
  • Ouvrir ou peler la coquille de plusieurs fruits, tel la noix de coco,
  • Dépecer les poules et autres animaux de la basse-cour,
  • Couper le gazon,
  • Tuer les animaux nuisibles,
  • Se défendre au besoin et bien entendu que la machette sert aussi comme marteau, tournevis, coupe-ongle, et j'en passe!

Et maintenant un petit poème en l'honneur de la machette

La machette: La vie et la mort

Oh vénérable lame de toute occasion,
Bien afûttée, rien ne t'arrête.
Agile, nul t'embête.
Coupante, tranchante, toujours en action.

Oh indispensable outil de toute circonstance,
Comme tu aime te laisser admirer.
Comme une championne, sans flâner,
Tu défiles sous tout tes éclats avec aisance.

Oh impressionante arme blanche,
Tu me procures les fruits de la vie.
Avec toi je marche, je dors, je mange, je sue, et je prie...
...que je détienne la sécurité et le respect qu'offre ton manche.

Oh très respectable instrument aux mille facettes,
Aux enfants, adultes et grand-parents tu es plus qu'utile,
Tu es puissante, douée, et habile,
Tu es la vie et la mort,  tu es la MACHETTE.

samedi 24 mars 2012

Le cacao: une opportunité en or?




Chocolat noir, chocolat blanc, chocolat sucré, chocolat non-sucré, chocolat au lait, chocolat en poudre, chocolat par-ci, chocolat par-là...

Ici dans l'Écorégion Lachuá au Guatemala, sur un territoire de 153 hectares et un regroupement d'environ 100 producteurs, on retrouve plus de 105,000 arbres du cacaoyer produisant des fèves de cacao qui serviront à fabriquer le fameux chocolat. Chaque fève de cacao, qui dans la coquille du cacao est entourée d'une délicieuse substance sucrée et laiteuse, sera récoltée, fermentée, séchée et vendue en volume sur le marché national à un prix d'environ $1,25 la livre.  Le producteur typique de la Écorégion Lachuá produit environ 167 livres de fèves séchées par hectare par année.  Ceci lui donne en retour un revenu brut moyen de $335 par année.  Les dépenses associés à la production de cacao sont relativement minime mais quand même importante aux yeux des producteurs.  En effet, ils doivent se procurer les outils de base, comme les ciseaux à tailler, une égoïne, et une machette. Également le producteur doit payer quelques fois par année des journaliers pour nettoyer la parcelle de cacaoyers:  couper le sous-bois, tailler les cacaoyers, quitter les branches d'autres arbres qui créer trop d'ombrage, et finalement récolter le fruit lorsqu'il est mûre.  Disons qu'en moyenne le coût de production serait de $125 par année.

Alors est-ce que $210 de revenu nette additionnel* par année est suffisant pour maintenir une famille d'agriculteur dans une région rurale? (*Les agriculteurs vivent aussi de la vente de maïs, de cardamome, de fèves noir et de quelques autres produits).  C'est vrai que $210 c'est mieux que rien, par contre il semble que ce ne soit pas suffisant pour motiver les producteurs à cultiver le cacao. 

Déjà nous savons que le problème c'est le faible rendement des plantations générant un faible revenu.  Maintenant, qu'elle serait la solution afin que le producteur rentabilise davantage son investissement.  C'est simple, il lui faut améliorer la gestion de sa plantation ou soit étant dit, il doit comprendre que pour que le cacao donne plusieurs fruits il lui faudra mettre plus de temps (argent) dans sa plantation.

Durant les mois de février et de mars, une équipe de techniciens-facilitateurs et moi-même, avons offert sur le terrain, 3 ateliers sur l'amélioration du maintient d'une plantation de cacao: 

1) Tailler le cacaoyer:  Quitter les pousses rejetons, ouvrir la cime de l'arbre en forme de coupe de vin, couper les branches inutiles,  nettoyer la fourche du cacaoyer, etc.

2) Gérer l'ombrage de la plantation:  S'assurer que chaque cacaoyer reçoit en moyenne entre 4-6 heures de soleil par jour, voir à ce que la platantion contienne 25% d'ombrage et 75% de lumière, couper les arbres à valeur non-commerciale, etc.

3) Sélectionner les arbres cacaoyers supérieurs:  Identifier les 4 ou 5 cacaoyers qui donnent le plus grand nombre de fruits, vérifier la dimension des fruits, la grosseur et la quantité de graines à l'intérieur des fruits, attacher un ruban identificateur autour de l'arbre, etc.

Deux autres formations seront offertes entre mars et avril:  4) Contrôle des épidémies et maladies, 5) Greffage latérale (clonage) des arbres supérieurs sur les arbres à faible rendement.  Ces formations techniques et pratiques sur le terrain sont la première étape du projet.  On passera ensuite à une formation post-récolte, à établir un plan de commercialisation, et autres.

Ce projet de 3 ans, qui offre un appui technique et financier, envisage que cette gestion un peu plus intensive des plantations de cacao génèrera une production plus élevée de fruits du cacao, donc un revenu plus satisfaisant pour l'agriculteur.

En premier lieu, une fois que les producteurs sont tous arrivés (habituellement une heure plus tard que prévue) on planifie la journée et on choisi la plantation où sera donnée la formation
Départ à pied du village afin de se rendre à une plantation de cacaoyers
Parfois on doit marcher et ensuite se déplacer en chaloupe afin de se rendre à une plantation

Avant de commencer la classe on prend en note la présence des producteurs
La première partie de l'atelier participatif est la partie théorique où l'on explique les pourquois et les comments, et où l'on pose plusieurs questions afin d'évaluer le niveau de connaissance des producteurs

Ici dans la plantation il n'y a pas de pupitre pour s'asseoir et pour prendre des notes
Et enfin la partie pratique commence.  Ici on peut voir deux producteurs tailler un cacaoyer
D'autres producteurs en action...
Pendant qu'ils mettent en pratique la formation, on encourage les producteurs à expliquer aux autres membre du groupe ce qu'ils sont en train de faire

Il arrive qu'il faut grimper dans l'arbre...

Ce producteur s'est fabriqué une échelle afin de monter dans les cacaoyers

Ici on peut voir le producteur quitter l'écorce tout autour de la base de l'arbre.  Cette technique consiste à tuer l'arbre afin de réduire l'ombrage sur la plantation.  En premier, l'arbre va perdre ses feuilles et peu à peu il va pourrir.  On procède ainsi afin d'éviter que l'arbre tombe sur les cacaoyers dans le cas où on le coupait 
Cliquez sur le lien suivant pour voir l'autre technique qu'on utilise afin de réduire l'ombrage sur la plantation.  Affûter vos machettes!!

Et nous passons maintenant à la sélection des cacaoyers supérieurs.  Voyez que celui-ci contient un bon nombre de fruits

Don Santiago et son fils son fiers de poser avec l'un de leur cacaoyer meilleur producteur

À l'aide d'un ruban on identifie les arbres supérieurs afin de mesurer et comptabiliser au courant de l'année sa production


Bien que ce ne sont pas tous les producteurs qui participent activement aux ateliers de formation sur le terrain, j'espère que l'effort que mettent ceux qui y participent portera fruit.

dimanche 11 mars 2012

Célébrité du Guatemala: Miguel Ángel Asturias


Le romancier Miguel Ángel Asturias est un écrivain guatémaltèque reconnu au niveau international.   Gagnant du prix Lenin de la Paix en 1966, et du prix Nobel de la littérature en 1967, Miguel Ángel Asturias, poète, écrivain et diplomate, est né à Guatemala City le 19 octobre 1899, et est mort à Madrid (Espagne) le 9 juin 1974.

Auteur d'une oeuvre littéraire composée de 25 romans, recueils de poèmes, et pièces de théatre, c'est en 1930 qu'est parue sa première publication, Leyendas de Guatemala (Légendes du Guatemala).

En ce qui me concerne c'est en juillet 2011, lors de la foire du livre d'Antigua, Guatemala, que j'ai acheté mon premier livre de cet auteur bien respecté: El Señor Presidente (Monsieur le Président).  Ce livre nous raconte le dénouement de l'assassinat d'une figure autoritaire de la République du Guatemala, dont l'État est sous l'emprise d'une dictature.  Asturias nous décrit chaque personnage, chaque paysage, chaque objet, d'une façon unique où la magie semble s'installer dans chacune des scènes.

"On ne sort pas indemne de ce roman où la cruauté et une fatalité implacable s'acharnent sur l'intégralité des personnages et dans des proportions qui rappellent tout ce que vous n'avez jamais pu lire sur les tortures pratiquées par les régimes totalitaires." - MDV_

Publié en 1946, El Señor Presidente est une lecture difficile puisqu'elle reflète de la réalité, mais quand même amusante par l'éloquence de ses personages et de la présence de plusieurs expressions propres au peuple Chapin (on y retrouve en effet un lexique à la fin du livre décrivant les jolies expressions parlées au Guatemala).

El Señor Presidente est un livre comme nul d'autre.  La lecture est hallucinante. Asturias, utilisant la prose, réussi à faibre vibrer, respirer et donner vit à chacun des mots. C'est un livre où la réalité se déroule dans un surréalisme influencé par le mysticisme des croyances Mayas.

El Señor Presidente est un livre qui frappe fort et qui décrit bien l'image de l'homme et de son désir incessant d'abuser de son pouvoir, de son vice égoïstique, et de sa nature à faire profiter ses intérêts personnels au dépend des autres.

En fin de compte, El Señor Presidente est beaucoup plus qu'un livre, c'est un chef-d'oeuvre littéraire qui s'inspire de l'époque des années 20 au Guatemala, où Asturias réussis à faire mettre en évidence la voix d'un peuple soumis et victime mais qui s'obstine à lutter contre l'emprise du régime dictatural du chef-d'état Estrada Cabrera.

Asturia mentionne que "...c'est à travers ma peau que s'est filtré le climat de terreur, d'insécurité, et de panique et qui se respire dans l'oeuvre (El Señor Presidente)"

El Señor Presidente est disponible en français, mais, bien entendu pour ceux qui le peuvent, lire le roman dans son écriture orginale, soit l'espagnol, résulte en une expérience beaucoup plus profonde.

Une lecture recommandée.

samedi 3 mars 2012

L'Université de Hearst en terre Maya


Voir des gens de chez nous, dans un nouveau chez nous c'est tellement agréable.  L'effet est un peu comme si on nourrissait les racines de notre être, ça nous permet de grandir.

C'est du 17 au 22 février que je me suis joins  à un groupe de 26 étudiant-e-s et professeur-e-s de l'Université de Hearst qui arrivait pour une visite de 10 jours au Guatemala.

Comme ce fut agréable d'entendre et de converser dans ma langue natale franco-ontarienne. J'en avais presque oublié le ton et quelques-unes de ses expressions qui sont tellement uniques.

Bien que l'itinéraire du groupe suivait un tracé assez touristique et peu aventureux, le chaleureux accueil des guatémaltèques et le fabuleux spectacle paysagistique sont toujours surprenants et impressionnants au Guatemala, ce qui fait que le séjour fut merveilleusement apprécié de tous.

Je vous invite maintenant à dérouler la série de photo afin de suivre le parcours des 6 jours  que j'ai partagé avec ce groupe de gens admirables. 
C'est à Panajachel, situé à la bordure du fameux lac Atitlán, que la tournée touristique débute.  Sur la photo vous pouvez contempler l'un des trois volcans qui borde le lac.

Ici on peut aperçevoir une partie du groupe de la plus petite université francophone au monde s'apprêtant à monter dans un bateaux qui nous mènera au plus grand village établi autour du lac, soit Santiago Atitlán.
Me voici donc, le néo-guatémaltèque-vieillo-canadien, installé à l'intérieur de l'embarcation qui nous mènera au village artisanal Santiago Atitlán. 

Le lac Atitlán, qui signifie "à l'eau" dans la langue locale, à une profodeur impressionante de 350 mètres. Durant la saison des pluies son niveau s'élève de quelques mètres ce qui fait que les constructions trop près de la berge se font innonder.

Dans les rues de Santiago Atitlán nous attendent plusieurs enfants et adultes commerçants.  Ils nous suivent de près en nous suppliant d'acheter leur très colorés produits artisanaux.  Sur la photo on peut aperçevoir Marie-Pier en compagnie d'un petit vendeur de bracelets et de colliers.
Le groupe se mérite une petite pause à la plaza centrale afin de lancer quelques ballons de basket pour certain et pour les autres, de se rendre à la banque afin de  changer les gros billets en petits billets, car les vendeurs de rues n'ont pas beaucoup de change.
Et voici la première photo de groupe de l'Université de Hearst, incluant quand même quelques intrus locaux. 
Après la visite du lac Atitlán le groupe s'est déplacé vers l'une des plus belles villes coloniales espagnoles de l'amérique centrale, Antigua.  La construction des édifices et la configuration de ses rues sont du style architectural de l'Espagne.

Sur la photo, trois étudiants, tout sourire, attendent patiemment la fin de la tournée d'un ancien monastère de Soeurs cloîtrées.
Maintenant je vous invite à cliquez sur le lien suivant afin de visionner un court vidéo-clip d'un spectacle de rue à Antigua: Stéphane et Véro dans les rues d'Antigua
Nous voici maintenant en visite chez un producteur de café.  Saviez-vous que les grains rôtis et broyés qui se retrouve dans votre café auront séchés quelques jours au soleil et peut-être que quelques touristes et travailleurs auront marchés dessus?

Attention!  Au Guatemala les lois de santé et sécurité sont loin d'être en place.  La prudence est de mise.  Ici on voit une partie du groupe marchant sur la bordure d'un mur situé à plus de 2 mètres de hauteurs.  Le but?  Allez voir le procédé du lavement des graines de café fraîchement récoltées.

En fin de journée #4 nous arrivons au Parc Naturel du volcan Pacaya.  Il faut marcher environ une heure avant d'arriver près du sommet.

Durant l'ascension on doit prendre quelques pauses afin de reprendre le souffle.  Il faut se souvenir que nous marchons  à plus de 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer.  L'air se fait rare, mais les chiens non.  Ce "chucho" nous suit depuis le début question de voir si on lui offrira un peu de nourriture.

Et voilà! Nous voici arrivé à un premier point de vue panoramique vraiment impressionant.

J'adore cette photo. Luc le berger avec son chien.  Il ne manque que les moutons.
Certains membres du groupe on décidé de se rendre plus près du cratère du volcan Pacaya.  La dernière éruption à eu lieu en 2010 et depuis se temps la lave a cessé de sortir du volcan, ce qui fait qu'on ne peut plus voir les rivières de laves couler le long du flanc de montagne.  Tout ce qu'on aperçoit maintenant est un désert de cendre grisâtre.
La journée cinq on quitte Antigua afin de se rendre à Semuc Champey.  En route on s'arrête au Biotope du Quetzal afin de visiter cette aire protégée par l'État et où y font leurs études de recherches certains biologues de l'Université San Carlos de Guatemala.
Malheureusement, le fameux et magnifique quetzal est très difficile à aperçevoir.  On peut le voir ici empaillé.


Enfin un peu d'aventure!  Afin de se rendre à Semuc Champey on doit empreuter des routes plus difficiles.  Le groupe de l'Université a donc l'occasion de monter dans la boîte d'un pick-up, de s'agripper solidement, et de profiter des paysages d'une beauté insensée, et ce sous un soleil frappant.
Tout au bas de cette photo vous pouvez aperçevoir la série de piscines naturelles du site de Semuc Champey.  La vue d'en haut est déjà rafraîchissante.  Allons-y donc les voir de plus près ses fameuses piscines.
Nous voilà maintenant sur le site.  Douceur, fraîcheur, calme, paisible.  Ce lieu est un paradis terrestre.
C'est à partir d'une des piscines naturelles de Semuc Champey qu'une partie du groupe nous dit: "À la prochaine!"
"Allez plus haut, voir plus loin", telle est la devise de mon université préférée, l'Université de Hearst. Cette devise est d'autant plus vrai une fois qu'on monte tout au haut d'une pyramide Maya sur le superbe site de Tikal au Guatemala, n'est-ce pas groupe?

Un gros merci aux organisateurs de ce voyage universitaire qui m'ont permis de vivre et de partager cette expérience inoubliable avec une gang de Hearst!!!